Biodiversité : des inquiétudes, des engagements et des initiatives

Biodiversité : des inquiétudes, des engagements et des initiatives

Suite au G7 de l’environnement qui s’est tenu les 5 et 6 mai à Metz a été adoptée une charte non contraignante sur la biodiversité dite « charte de Metz ». En parallèle de cet engagement de nombreuses initiatives ont lieu. Cependant, ces engagements et ces initiatives semblent insuffisantes au regard du constat dressé en matière de biodiversité, notamment par la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

 

Les résultats inquiétants de la première évaluation mondiale de la biodiversité

La plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui a pour mission de renforcer les échanges entre scientifiques et responsables politiques en matière de biodiversité, a publié le 5 mai, sa première évaluation mondiale de l’état de la biodiversité. Ce rapport a été élaboré par 145 experts issus de 50 pays, avec des contributions additionnelles de 310 experts. Ce rapport évalue les changements ayant eu lieu depuis les cinq dernières années et propose un éventail de scénarios possible pour les décennies à venir.

L’IPBES dans ce rapport insiste sur le déclin sans précédent de la nature et le taux d’extinction des espèces. Parmi les chiffres clés de ce rapport figurent :

  • Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d'un tiers de tous les mammifères marins sont menacés ;
  • Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16ème siècle et plus de 9 % de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées ;
  • Depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d'au moins 0,7 degré Celsius Or ce changement climatique a un impact sur les écosystèmes ;

Pour les auteurs de ce rapport, les cinq facteurs directs de ce changement sont par ordre décroissant : les changements d’usage des terres et de la mer, l’exploitation directe de certains organismes, le changement climatique, la pollution et les espèces exotiques et envahissantes.

Le rapport indique également que malgré les progrès réalisés pour conserver la nature et déployer des politiques en ce domaine, les trajectoires actuelles ne permettront pas d’atteindre les objectifs mondiaux visant à conserver et exploiter durablement la nature. Sans changement transformateur dans les domaines de l’économie, de la société de la politique et de la technologie, les objectifs fixés ne seront pas atteints. En effet, le rapport insiste sur d’autres données majeures dont :

  • Les trois quarts de l'environnement terrestre et environ 66 % du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine ;
  • Plus d'un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage ;
  • La valeur de la production agricole a augmenté d'environ 300 % depuis 1970, la récolte de bois brut a augmenté de 45 % et environ 60 milliards de tonnes de ressources renouvelables et non renouvelables sont maintenant extraites chaque année dans le monde  - quantité qui a presque doublé depuis 1980 ;
  • La dégradation des sols a réduit de 23 % la productivité de l’ensemble de la  surface terrestre mondiale ;
  • Les zones urbaines ont plus que doublé depuis 1992.
  • La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980 ;

L’ensemble de ces éléments, conduisent les auteurs a indiqué que la dégradation de la nature continuera jusque 2050 et au-delà, sans un profond changement. Afin d’aiguiller les politiques publiques plusieurs actions sont proposées en faveur du développement durable. Le document souligne l’importance d'adopter une gestion intégrée et des approches intersectorielles prenant en compte les compromis entre la production alimentaire et celle de l’énergie, les infrastructures, la gestion de l’eau douce et des zones côtières, ainsi que la conservation de la biodiversité.

En vue de créer une économie mondiale durable, l'évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux a également été identifiée comme un élément primordial des futures politiques plus durables.

Ce rapport a été publié avant la réunion du G7 de l’environnement. Au regard du constat alarmant dressé par ce rapport, et conscient que seule une mobilisation internationale permettra d’inverser la tendance, les Etats se sont engagés par l’adoption de la Charte de Metz sur la biodiversité.

 Des engagements et des initiatives

Lors du G7 de l’environnement, qui s’est déroulé à Mets les 5 et 6 mai 2019, a été adopté la « Charte de Metz sur la biodiversité ». Cette charte sans valeur juridique contraignante s’articule autour de trois axes : accélérer les efforts pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, encourager la participation d’autres acteurs et parties prenantes et appuyer l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre mondial de la biodiversité post 2020. Cette charte n’est pas un aboutissement mais un signal essentiel de la part des Etats.

De plus, lors du 74ème comité de la protection du milieu marin de l’Organisation maritime internationale, qui s’est réuni en mai à Londres des mesures ont également été prises. Les Etats ont en particulier adopté les derniers textes pour l’entrée en vigueur au 1er  janvier 2020 de la réduction mondiale de la teneur en soufre des carburants marins sur l’ensemble des mers et des océans.

Par ailleurs, ces engagements sont appuyés par des initiatives. À titre d’exemple l’Afnor a proposé l’élaboration de nouvelles normes volontaires pour définir outils et méthodes cadrant les projets liés à la protection de la biodiversité.

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