Exosquelettes : quelles sont les conséquences de leur utilisation en matière de santé et sécurité au travail ?

Exosquelettes : quelles sont les conséquences de leur utilisation en matière de santé et sécurité au travail ?

Dans un contexte de mutation des entreprises et d’émergence de robots, exosquelettes et autres nouvelles technologies d’assistance physique devant permettre de répondre aux problématiques de troubles musculo-squelettiques et de charge physique de travail excessive, l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail a publié un document de réflexion examinant le rôle que pourraient jouer les exosquelettes dans l’environnement de travail du futur et leurs incidences potentielles sur la sécurité et la santé des travailleurs.

Tout en indiquant qu’ils pourraient jouer un rôle dans la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS), la lutte contre les contraintes liées à la charge de travail, et la prise en compte de l’augmentation de la part des seniors dans les entreprises ; ce document s’interroge sur les risques potentiels liés à leur utilisation. En effet, des incertitudes entourent leurs effets à long terme sur la santé. Nous vous proposons de revenir sur les intérêts et limites des exosquelettes en matière de santé et sécurité au travail.

Retour sur ce que sont les exosquelettes

Un exosquelette peut être défini comme un système mécanique ou textile, apportant au salarié qui en est revêtu, une assistance physique dans l’exécution d’une tâche par une compensation de ses efforts ou une augmentation de ses capacités motrices.

Plusieurs types d’exosquelettes doivent être distingués. La majorité des exosquelettes, actuellement sur le marché, sont non robotisés. Ils fonctionnent via un principe de restitution de l’énergie mécanique rendu possible grâce à des élastiques et des ressorts. Les exosquelettes robotisés se développent.  Ceux-ci sont constitués d’armature mécanique fonctionnant grâce à des moteurs électriques ou des systèmes hydrauliques. Outre cette distinction, les exosquelettes se distinguent également selon la partie du corps qu’ils doivent soulager. Ainsi, il existe des exosquelettes visant à protéger les membres supérieurs, le dos, les membres inférieurs ou le corps entier.

Il convient de préciser que les exosquelettes ne sont pas des équipements de protection individuelle. Pour l’être, le fabriquant devra démontrer qu’ils apportent une protection contre un risque et qu’ils sont soumis à un « examen CE de type ».  Aucun exosquelette professionnel ne répond, à ce jour, à ces exigences.

Les intérêts et limites des exosquelettes

L’assistance physique délivrée par les exosquelettes peut permettre de limiter certains troubles musculo-squelettiques et de réduire l’effort.

Cependant, ils ne permettent pas de réduire la répétitivité des gestes, et peuvent déplacer les contraintes sur d’autres parties du corps, ou mobiliser d’autres ressources conduisant à une augmentation de l’effort physique. Cela est notamment le cas, lorsque l’exosquelette crée une gêne dans la réalisation de certains mouvements.

Par ailleurs, les exosquelettes ne conviennent pas à l’ensemble des salariés. Ils ne sont pas toujours adaptés à la morphologie ou à certains problèmes de santé. Il faut donc avant d’y avoir recours vérifier l’aptitude à utiliser l’exosquelette par le salarié concerné. A cette fin, le service de santé au travail doit être associé.

Enfin, le recours aux exosquelettes peut avoir des effets psychologiques négatifs sur les travailleurs. En effet, ils peuvent se sentir inférieurs lorsqu'ils utilisent un exosquelette pour accomplir leurs tâches quotidiennes, car l'aspect physique des performances est lié à l'appareil. De plus, le port d’exosquelettes peut entraîner une stigmatisation sur le lieu de travail de ceux qui les utilisent.

 

Ainsi le recours aux exosquelettes questionne. On peut se demander si les exosquelettes seront largement utilisés à l'avenir pour protéger les travailleurs. Si tel est le cas il convient de préciser que les employeurs ont l’obligation de fournir un environnement de travail sûr et de limiter les risques pendant le travail. Ils sont soumis à une obligation de résultat en matière de sécurité. Ainsi, les risques éventuels liés aux exosquelettes doivent être pris en compte dans le cadre de l’évaluation des risques. Par ailleurs, le choix de recourir aux exosquelettes nécessitera de la part de l’entreprise une réflexion sur l’aménagement, ou la réorganisation de la situation de travail. Elles devront également former les salariés à l’utilisation de ceux-ci.

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